Le choix de l’action par la présence, la participation, le vote, le refus de la surenchère et de la violence

Nous sommes un mouvement tourné vers le réalisme, le pragmatisme et la valorisation des intelligences pacifiques. Nous nous situons fermement dans la logique historique du rapprochement des peuples, des nations, des cultures. Nous plaidons pour une société apaisée dominée par des rapports humains de toute nature débarrassée des subjectivismes, des extrémismes cruels, des jalousies obscurantistes, des injures inutiles et pire non justifiées.Notre conviction profonde au MPDR – PMDR, parti politique résolu et authentiquement indépendant, c’est que le monde s’accommode dorénavant mal, des extrêmes, des négations qui discriminent ou qui marginalisent. Notre conviction rejoint la vérité solennelle selon laquelle, les peuples ont les dirigeants et les institutions qu’ils méritent, et c’est à chaque nation de bâtir les rennes de son destin, de construire les instruments institutionnels de son gouvernement. L’étranger certes, l’influence extérieure certes, mais jamais ils n’ont impacté de façon durable, totale  et définitive, l’organisation et la survie des nations.

Notre pays le Cameroun, va vivre ce dimanche 09 Février 2020, une étape importante de son histoire. Cette étape sera écrite en lettres de divisions, de doutes, de problèmes, d’attentes et de multiples appréhensions certes, mais cette étape sera cruciale et comptera dans la formulation de la suite de notre destin.

Face aux différents discours qui agitent des ambitions, des proclamations et des déclarations, le Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), en appelle à un réflexe de responsabilité, de réalisme et de pragmatisme. Nul ne peut se mettre en travers ni en dehors du train de l’histoire sur le territoire de son peuple, sans courir le risque de s’exclure volontairement, mécaniquement et concrètement, de l’ordonnancement de son futur. Il y aura bien des élections législatives et municipales au Cameroun, organisées et supervisées par une administration publique et un gouvernement Camerounais reconnus internationalement. Il y aura bien des candidats, tous Camerounais sans équivoque et reconnus comme tel, représentant des courants, des partis, des chapelles doctrinales et idéologiques.

A tous les candidats, nous leur souhaitons bonne chance, beaucoup de courage et de lucidité. A ceux qui ont choisi le suicide de l’absence et de la non-participation, nous leur disons que nous respectons leur position, en attendant d’en connaître les motivations profondes et effectives pour l’intérêt de notre pays.

Parti politique responsable, patriote, alerte et engagé pour un dialogue réaliste et une démarche consensuelle, nous aurions pu prendre activement part aux consultations, n’eussent été un certain nombre de conditionnalités liées à la fois au timing, à l’organisation et à la préparation compte tenu de notre jeune âge.

Par ailleurs, et afin que personne ne nous prête des intentions, des positions et des interprétations qui ne sont pas les nôtres, nous réitérons que tout en étant hautement conscient de la situation de guerre, d’insécurité, de destruction et de désolation d’une gravité accrue qui caractérise certaines régions du pays, une autorité administrative, un gouvernement, un Etat, et une République restent débouts, et c’est autour de ces institutions, avec ces institutions, par ces institutions et en comptant sur ces institutions, que des solutions seront travaillées, recherchées, élaborées et actées concrètement. Prendre part au vote, exprimer sa position par un bulletin, même trempé de colères, de larmes, de sang et de toutes sortes de réserves, apparaît fondamental, incontournable et raisonnable. Ni Paris, ni Washington, ni Pékin, ni Moscou, ni l’ONU, ni l’UA, ne viendront voter pour nous. Leurs voix comptent certes, mais le choix sera et reste celui des nationaux, d’abord des nationaux.

Tueries, destructions, attaques en tous genres, insultes, accusations de toute nature, moqueries concernant les âges des gouvernants ou encore, insistance sur les responsabilités des ethnies et des régions dans la crise, procèdent d’une fuite en avant inacceptable. La vérité c’est que l’histoire peut se répéter, et ce que l’on voit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest aujourd’hui, s’est déjà vu dans l’Ouest et le Moungo. La cause de l’indépendance portée par le peuple Camerounais et son principal instrument de représentation et de mobilisation l’UPC, était noble et légitime, mais des bandes de criminels, d’anarchistes et de truands, avaient pris le relai après 1960, et faisaient autre chose. Aujourd’hui comme hier, ces hors-la-loi incendient, s’en prennent aux biens des élites et des personnalités diverses qui montrent la réussite dans la vie.  Ces drogués brûlent avec rage les écoles, les centres de santé, les biens publics. Comme à l’ouest, c’est l’expression de la folie de jeunes gens manipulés, de la jalousie, de la haine individuelle et de la vengeance résultant de plans de règlements des comptes. Hier, après 1960, ce n’était plus l’UPC ni la lutte pour l’indépendance. Nous y revoici donc, avec la même mécanique et les mêmes réponses, avec les mêmes drames, deuils et désolations.

La Position du MPDR – PMDR est sans équivoque, en ceci que nous soutenons les demandes des peuples, des composantes des peuples, des régions, des regroupements quelconques, mais seulement et seulement pour autant, que tout se passe et s’exprime dans un esprit constructif, dans une logique de dialogue et de réconciliation réelle. Il y a un problème anglophone au Cameroun, et il s’est aggravé à cause des imperfections de notre système de gouvernance, notre système, le nôtre, le système de nous tous, porté par nous tous, et non pas par des étrangers. C’est nous, par nous, avec nous et rien qu’ainsi, que des solutions seront apportées pour la paix. Nous l’avons dit et nous le répétons, que si la forme de l’Etat est le problème, si le fédéralisme est la solution, alors allons-y, allons-y tout de suite, ou commençons à nous y préparer, à l’intégrer raisonnablement et sagement. NEGOCIONS, et ce ne sera pas d’ailleurs deux Etats, mais plusieurs, quatre, six, dix, pourquoi pas ?

A tous ceux qui d’ici ou de l’étranger, prêchent la guerre, envoient des jeunes désœuvrés et déboussolés dans les champs de tir de l’armée, dans les feux des destructions, dans la propagation de l’anarchie et de la haine, nous disons et soutenons avec fermeté, résolution et courage, qu’ils ont tort, qu’ils se livrent à une activité et à des planifications dangereuses. Il ne faut jamais commencer une guerre ans être certain de pouvoir la gagner, et d’avoir les moyens de gérer l’après-guerre.

D’un autre côté, à tous ceux qui auraient tendance à justifier ou légitimer la réaction, certes disproportionnées dans certains cas, des forces de défense et de sécurité, nous disons également non. Mais il convient de retenir, la leçon de l’histoire des luttes des Etats contre les insurrections, la conduite de la contre-révolution et de la réponse face aux armées asymétriques : le grand vide des espaces soupçonnées comme repères de l’insurrection; le ratissage ; l’élimination des logistiques et des suspects de collusion. Nous y sommes, et le résultat nous est planté dans les yeux. Rien n’est nouveau, tout a déjà été vu ici chez nous-même, et ailleurs.

Peuple, allons aux élections, allons voter, marchons droit vers les urnes qui seront devant nous, et choisissons avec le cœur serré, celui ou celle que nous estimerons le plus représentatif de nos demandes et attentes. Ni le soupçon de fraude, ni la pensée de travers et des insuffisances avérées, ne sauraient constituer un motif d’absence, de boycott et de violences. Le Cameroun, nous le construirons, avec de braves gens, de braves compatriotes à l’instar des patriotes et de ces martyrs tombés ou sacrifiés pour la patrie. Ils sont encore nombreux à se présenter à ces élections, et il vaut mieux affirmer ici, que boycotter les élections n’est ni une preuve de maturité, de lisibilité, de raison, d’intelligence et encore moins de sagesse. Boycotter est loin d’être une certitude de positionnement lucide pour les lendemains. L’histoire qui se construit et formule de nouvelles exigences chaque jour avec de nouvelles générations, n’accepte plus cela, ne tolère plus cette posture.

Personne ni aucune formation politique ou mouvement, n’a le monopole du patriotisme, sinon comment pourrait-on justifier la présence de certains patriotes authentiques, tous des gens ayant montré de mille façons, leur profond attachement à l’avancement de notre pays et à la promotion de son bonheur. Ils sont donc partout, au RDPC comme au SDF et ailleurs. Y aurait-il parmi les boycotteurs, plus patriote que Ni John Fru Ndi ?

Nous irons voter, en souhaitant aussi, des lendemains marqués par d’autres assises, par d’autres négociations, par d’autres dialogues. Nous irons voter, en portant dans le cœur, les souffrances des régions martyrisées et ensanglantées, des régions perturbées, de tous nos problèmes. Nous irons, en étant certains, qu’un véritable dialogue et une véritable réconciliation, sont pour très bientôt. Dans ce contexte, nous exhortons les uns et les autres à ne pas répondre aux diatribes incendiaires dans les réseaux sociaux, de certains repris de justice et malades mentaux, ni aux élucubrations insensées de certains exilés nostalgiques qui alimentent la haine tribale.

Nous l’avons dit, soutenu et martelé, et nous le redisons : Paul Biya n’a accédé au pouvoir ni par les armes, ni par le sang, ni par la tricherie, ni par le favoritisme. Son avènement et sa promotion furent pacifiques. Lui, son régime et son système devenu le nôtre à tous, doivent bénéficier d’une même quiétude et des mêmes voies pour leur succession. Aucune transition ne prenant pas clairement et intelligemment cette vérité en compte, ne se produira au Cameroun, de même qu’aucune transition envisagée dans le sang, ne s’imposera ici. Il est temps de le comprendre, et d’ajuster des stratégies conséquentes. Le destin heureux des nations repose sur l’engagement de gens qui ont le courage de la vérité et du pragmatisme, et non sur les proclamations ostentatoires et les fantaisies des candidats aux  agendas inadéquats, et pire aux ambitions insensées de martyre./.

Que la bénédiction de nos ancêtres ainsi que celle de tous les dieux, couvrent notre pays et éclaire son destin à jamais. Tel est notre ultime profession de foi./.

SHANDA TONME

                                                                                                              Médiateur Universel et Président